Ars Electronica .: vivre avec un androïde
05/09/09 | Janique Laudouar 0
Le futur de la nature humaine
L'innovation numérique était il y a dix ans une perle rare qu'on exposait dans les festivals d'avant-garde. Avec l'arrivée du web 2, l'innovation s'est disséminée comme les fleurs sauvages sur les bords des rives du Danube. A Ars Electronica David Sasaki qui animait le symposium sur la Cloud intelligence (intelligence collective du web) énumérait la panoplie de l'humaniste du Web du XXIème, - twitter, flicker et brightkite entre autres - siècle tandis qu'un écran affichait les commentaires sur la conférence en direct sur twitter. Ce blogueur de La Jolla shores San Diego s'est donné pour mission de transcender les frontières. Il vient d'obtenir une subvention pour traduire en espagnol la plateforme internationale Global voices fondée avec Ethan Zuckerman, autre intervenant. Il se propose de lancer un pont entre les Etats-unis et l'Amerique du Sud dans le domaine des nouveaux medias. Le Golden Nica Digital Communities est d'ailleurs allé à un blog participatif, HiperBario, né de la volonté d'une bibliothèque d'un petit village de Colombie de ne pas accepter la fracture numérique.
Vivre avec un androide
Le futur de l'humain est-il de vivre avec les androides? Le professeur Ishiguro, inventeur de l'androïde présent au festival en est convaincu. Ces robots seraient nos alliés, doubles, et l'humanité n'en serait que meilleure. Un androïde est un robot fabriqué a l'image de l'homme. L'imaginaire des robots nous les a montré parfois amis de l'homme, parfois rebelles à leur condition, comme le célèbre Hal de 2001 Odyssee de l'espace de Stanley Kubrick. L'approche du professeur Hiroshi Ishiguro a ete différente. Son "geminoid", presenté a Ars Electronica, est son jumeau...telecommandé par Internet. Aucune chance de rebellion. C'est pour l'instant un serviteur utile, tour a tour conférencier quand Ishiguro ne peut pas se déplacer, ou encore père de substitution avec sa fille, tres habituee au "jumeau" de son père. Soucieux des apparences, Ishiguro a travaille sur notre comportement inconscient, imperceptible : mouvement des yeux, de la bouche. Il a fait modeliser et réaliser son robot avec un tres grand réalisme, puisque c'est l'empreinte de son proppre corps qui a servi de moule à la créature de silicone et de métal. A ATR Intelligent Robotics Communication Laboratories pres de Kyoto, l'approche de la robotique est diversifiée. L'objectif d'Ishiguro est tres simple, comme il l'a expliqué au public venu parler au geminoid, ou même le toucher : "construire un humain". Car c'est l'aspect émotionnel qui passionne le professeur, qualifié d'"artiste" le temps du festival.
Source image : ATR Intelligent Robotics and Communication Laboratories le professeur Ishiguro et son robot Geminoid.
Ars Electronica Center
Ars Electronica s'étendait dans divers lieux de la ville de Linz, dont le musée Lentos où officiaient le dimanche 7 septembre deux artistes français Antoine Schmitt et Jean-Jacques Birgé avec leur concert de lapins communicants. Mais le festival en 2009 se recentrait sur Ars electronica Center. Le nouveau Centre ouvert début 2009, paquebot anguleux aux fenêtres réflechissantes connecté au Future lab sera peut-être à l'origine d'un « quartier », telle est la volonté de la ville. Il s'étend sur 3000 m2 d'exposition, dont 1000 dédiés à la recherche développement. Le centre est ouvert au public ravi de manipuler et d'expérimenter. C'est "une nouvelle vision d el'humanité" que propose ces espaces du futur: Brainlab, Biolab, Robolab, Fablab (Fab pour fabrication) ou encore "Device Art", qui montre l'envers du décor de art et science, avec une forte connotation japonaise. L'espace le plus spectaculaire du centre est le Deep space, avec son mur de de 16 mètres de haut sur 9 mètres de large, "unique en Europe". On y peut y projeter des détails d'oeuvres de maître à un niveau de détail inouï : ou encore , des giga paysages en 3 D comme ceux de CyArk (héritage culturel) qui s'est donné pour mission de relever les données point par point de sites préservés à travers le monde (3D-Laserscan)
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Linz aura été pionnière en matière de cartographie. En 2005, lors de la thématique Hybride d'Ars Electronica en 2005 , Linz s'était mis au wiki et au hot spot. La table ronde Geocity presentait une carte de 5.3 x 3.5m de la Ville de Linz spectaculaire réalisée grâce à un procédé, anoto, d'un laboratoire autrichien Media Interaction Lab, le tracking en temps réel sur de grandes surfaces.
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Dans l'espace Pixel City Simon Schubiger, PhD, Founder and CTO, Ing, Suisse) expliquait Procedural city, application pour faire jaillir une ville en 3 D. Non loin le projet qui aura mobilisé l'équipe du festival pendant un an : le tour du monde en 80 jours inspiré de de Jules Verne. 80 + 1 Journey ce sont des nouvelles du monde entier envoyées par les internautes et rassemblées par l"équipe d'Ars Electronica, du thème du bonheur à celui de l'exploration.
Les pionniers toujours actifs
Les « pionniers » sont toujours très actifs. Christa Sommerer et Laurent Mignonneau presentaient leur ouvrage Interactive Art Research (SpringerWienNewYork, 2009), que se sont arrachés les visiteurs. Tout au long du parcours de leur oeuvre, ces experts de l'interface maintenant professeurs de la "culture de l'interface" à la Kunstuniversitätlinz, les auteurs démontrent la solidité de leur démarche et de leur hypothèse de départ : faire de l'interface un domaine exploratoire, qui dépasse de loin les limites de l'écran. De leur séjour au Japon est né leur leur capacité de travailler très tôt avec l'algorithme, ce qui donne des oeuvres intemporelles. C'est à ce talent qu'ils forment leurs élèves qui ont présenté leurs travaux lors d'un rendez-vous festif "The Royal Interface Culture Masquerade Ball" auquel assistait le fondateur d'Ars Electronica. Avec des traux qui mériteront d'y revenir, comme
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Autre pionnier (bioart) Edouardo Kac et sa nouvelle oeuvre transgénique, la fleur Edunia, née du petunia et de l'ADN de l'artiste dans le Departement d'Horticulture de l'Univeristé du Minnesota. Quand il montre les fines veinures des pétales il aime à affirmer « c'est mon sang qui donne cette couleur rouge et les pétales reflètent mon teint pâle ». Outre sa présentation « natural History of Enigma », modérée par Jens Hauser un vernissage avait lieu à la Box Galerie, puisqu'il a décliné son oeuvre, comme la plupart des artistes dits « numériques » commencent à le faire, sur divers supports figuratifs à accrocher sur les murs.
Parmi les artistes primés : dans la veine du « détournement » le Prix Forum Hybrid Art pour Steve Lambert, auteur d'une édition « spéciale » » du New York Times annonçant la fin de la Guerre en Irak. Une spectaculaire performance de Lawrence Malstaf (Belgique), Shrink, laissait cloués au sol les visteurs. Sa présentation très descriptive lors de la conférence Human Nature laissait sur sa faim, même si Andy Cameron en était le modérateur. Il est vrai que je n'ai pas assisté au débat. Plus qu'une énumération de performances parfois éblouissantes ou ingénieuses, on aurait souhaité un aperçu sur le sens, l'inspiration, l'intentionnalité de l'artiste. Jean-Jacques Birgé semble en accord avec ARTANK sur son blog "même considéré internationalement comme le plus hip de tous les festivals du genre, Ars Electronica ressemble à la majorité des manifestations où les nouveaux médias sont en première ligne, à savoir l'affirmation technologique au détriment du sens et de l'engagement". Et c'est peut-être la faille de cette Ars Electronica 2009 : l'absence - ou du moins l'insuffisance - de la critique d'art des nouveaux médias. Elle existe, comme le prouve l'ouvrage Interactive Arts Research cité plus haut. Pourquoi ne pas la solliciter davantage, en particulier dans les tables rondes? A moins que le science et la technologie ne prennent le pas sur l'art et la société à Ars Electronica?
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Retrospective : 30 ans d'art et de nouveaux medias...et le Futur?
Le festival pourra-t-il maintenir son rôle d'éclaireur 30 ans après? Ars Electronica se place cette année sous le signe de la rétrospective. Est-il toujours en position de réveler la prochaine prophétie et la nature future de l'humain? GAMA, Gateway to Archives of Media Art, associe 8 partenaires européens (dont le Français Heure exquise) pour proposer un portail de consultation des archives art et nouveaux medias. Autre témoin de l'histoire, un mur gigantesque exposait au sous-sol 30 ans de sélection et d'ouvres à Ars Electronica, Mapping the archives.
"Nous sommes le Web", une thématique absente. Le prochain Ars Electronica?
Au moment où fait débat l'article de Kevin Kelly « Nous sommes le Web! » (« We are the Web » publié dans le magazine Wired et repris dans la presse en ligne française, la problématique brûlante était plutôt l'intelligence collective annoncée par Pierre Levy et aujourd'hui en passe de se concrétiser. La préoccupation des humains de 2009 est moins « Comment vivre avec un androïde » que comment survivre collectivement à l'inhumanité actuelle. On attendait d'Ars Electronica qu'il fournisse des outils de décryptage, et nous aide à distinguer l'essentiel de l'éphémère dans la multitude des applications liées aux réseaux sociaux . L'idée que du modèle du Web et de l'intelligence globlale du net naîtra peut-être le prochain modèle organisationnel politique est une perspective du Futur de la nature humaine qui commence à faire son chemin.
ARTANK interviendra sur le sujet à l'inititative de Mai Pourquoi le 23 octobre à Nogent-le-Rotrou.
Le soir, l'illumination de 5100 m2 de façades aux 40 000 LED (Fassaden fesival) confirme Linz comme capitale européenne de la culture en 2009.
Réseaux et lieux :
English version
Facts
The 2009 Ars Electronica Festival set an attendance record with a total of 72.500 visitors. With more than 300 individual events, this year's festival lineup was the most jam-packed in Ars Electronica's history - made possible by 800 artists, scientists and scholars from 31 countries. 565 accredited journalists and bloggers from a total of 38 countries paid a visit to the 2009 festival.
At Ars Electronica : to live with an android or a geminoid?
The name "Geminoid" is derived from geminus (Latin: twin, couple) and the suffix "oid." A geminoid is a robot created as a clone of an actual human being. The human-mechanical duo is linked together by innovative network & sensor technology, so the geminoid not only resembles its human model, it behaves like him too. Hiroshi Ishiguro, professor at the University of Osaka and guest group leader at ATR Intelligent Robotics and Communication Laboratories, served as the model for HI-1, the very first geminoid.
Geminoid HI-1
ATR Intelligent Robotics and Communication Laboratories
How can a person's unique personality and essential character traits be captured, simulated and imparted to a robot? Scientists now promise to provide the solution in the form of complex artificial beings named geminoids. The name is derived from geminus (Latin: twin, couple) and the suffix "oid." A geminoid is a robot created as a clone of an actual human being. The human-mechanical duo is linked together by innovative network & sensor technology, so the geminoid not only resembles its human model, it behaves like him too.
Hiroshi Ishiguro, professor at the University of Osaka and guest group leader at ATR Intelligent Robotics and Communication Laboratories, served as the model for HI-1, the very first geminoid. Since 2006, HI-1 and other geminoids have been used for purposes of research, which has essentially been following two approaches. Some projects concentrate on the development of a functional remote-control mechanism and the programming of movements that most closely resemble that way a human being naturally moves; others focus on cognitive modeling to investigate typical characteristics of humans-for instance, "human presence." The combination of the two approaches leads ultimately to the development of robots that strongly resemble a human being and open up novel insights into human nature.
While robotics builds upon findings in the cognitive sciences in going about this and attempts to take mechanisms of successful human-human interaction and apply them to robots, cognition research is beginning to focus on the robots themselves. Scientists in this field are pursuing two main objectives: first of all, developing androids that look as human as possible, move like a human being and have human functions of perception; secondly, gaining new insights into those processes that control our "conscious and unconscious cognition." After all, we perceive stimuli both consciously and unconsciously. When we observe other people, different regions of the human brain are activated. Sensory inputs are automatically compared with familiar human models, which forms the basis of our reactions. Furthermore, these unconscious processes are precisely what induce us to unthinkingly treat an android as if we were dealing with a human being. The reason for this is a central research question both in robotics as well as in other scholarly disciplines. The answers to it could serve as criteria for the development of androids and also deliver essential clues about those processes at work in the human brain that make us socially and emotionally controlled beings.
Geminoid Special Event - Future Dialogue-
Sat 5.9. 12:30 PM - 1:30 PM
Featured Artist Talk moderated by Gerfried Stocker
Articles en relation
En savoir plus
Pour ceux qui lisent l'anglais, un billet de engadget
http://www.engadget.com/2006/07/21/hiroshi-ishiguro-builds-his-evil-android-twin-geminoid-hi-1/
Un site pour tout savoir sur les androides :http://www.androidworld.com/prod01.htm
Pour ceux qui lisent le japonais
http://robot.watch.impress.co.jp/cda/news/2006/07/21/93.html





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